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La leucémie aiguë lymphoblastique (LAL)

Qu'est-ce que la leucémie aiguë lymphoblastique ?

La leucémie aiguë lymphoblastique (LAL) est un cancer du sang et de la moelle osseuse. Pendant une leucémie, les cellules cancéreuses remplacent les cellules sanguines normales ; cela peut provoquer une fièvre, de la fatigue, l'apparition d'ecchymoses, des problèmes de saignement, des infections et d'autres problèmes. On dit que la leucémie est aiguë lorsque les symptômes s'aggravent en très peu de temps. Les enfants touchés peuvent tomber malades très rapidement et ils doivent être immédiatement pris en charge par un médecin.

La LAL touche des globules blancs appelés lymphocytes. Ce sont des cellules qui luttent contre les infections et aident à protéger le corps contre les maladies. La moelle osseuse des patients atteints de LAL contient trop de globules blancs immatures (les blastes). Ces cellules ne fonctionnent pas normalement. Elles remplacent les globules blancs normaux, les globules rouges et les plaquettes. L'organisme a donc des difficultés à lutter contre les infections, la peau devient pâle et le patient a des problèmes de saignement.

Il existe deux types de lymphocytes : les lymphocytes B et les lymphocytes T. La LAL peut être issue de ces deux types de lymphocytes ; on parle donc de LAL à cellules B ou de LAL à cellules T. La LAL à cellules B est la plus fréquente.

Il existe plusieurs sous-types de LAL. Dans de nombreux cas, les médecins peuvent s'appuyer sur le sous-type de LAL afin de prendre des décisions thérapeutiques en fonction du groupe de risque de la leucémie. Pour plus d'informations, consulter la section portant sur le traitement.

Les sous-types de la LAL (Organisation mondiale de la santé, 2016)

Leucémie lymphoblastique B

Leucémie lymphoblastique B, non spécifiée autrement
Leucémie lymphoblastique B présentant des anomalies génétiques récurrentes
Leucémie lymphoblastique B avec translocation des chromosomes 9 et 22 (LAL positive au chromosome Philadelphie)
Leucémie lymphoblastique B avec translocation KMT2A.
Leucémie lymphoblastique B avec translocation des chromosomes 12 et 21 (ETV6-RUNX1)
Leucémie lymphoblastique B chez les enfants ayant plus de 50 chromosomes
Leucémie lymphoblastique B chez les enfants ayant moins de 46 chromosomes normaux (hypodiploïdie)
Leucémie lymphoblastique B avec translocations des chromosomes 5 et 14 (IL3-IGH)
Leucémie lymphoblastique B avec translocation des chromosomes 1 et 19 (TCF3-PBX1).
Leucémie/lymphome lymphoblastique B (similaire à celle/celui à chromosome Philadelphie)
Leucémie/lymphome lymphoblastique B avec iAMP21

Leucémie lymphoblastique T

Leucémie lymphoblastique développée à partir de précurseurs T précoces

Leucémie/lymphome lymphoblastique à cellules natural killer (NK)

Graphique décrivant le processus de production du sang et comment il produit des blastes. Le graphique commence par une cellule souche sanguine. À gauche, elle se ramifie pour donner une cellule souche myéloïde qui elle-même donne des plaquettes, des globules rouges, des myéloblastes et des monoblastes. Le myéloblaste se transforme en globules blancs (également appelés granulocytes) et le monoblaste se transforme en monocyte. La ramification de la cellule souche sanguine du côté droit donne une cellule souche lymphoïde qui se ramifie elle-même en lymphoblastes (qui se transforment en globules blancs) et en blastes.

La LAL touche les globules blancs nommés lymphocytes. La moelle osseuse des patients atteints de LAL contient trop de globules blancs immatures (les blastes). Ces cellules ne fonctionnent pas normalement. Elles remplacent les globules blancs normaux, les globules rouges et les plaquettes.

La LAL est le type le plus fréquent de cancer de l'enfant. Une LAL est diagnostiquée chez environ 3 000 personnes de moins de 20 ans chaque année aux États-Unis. Elle touche le plus souvent des enfants de 2 à 5 ans, mais aussi des enfants plus âgés et des adolescents. Elle est légèrement plus fréquente chez les garçons que chez les filles.

Signes et symptômes de la leucémie aiguë lymphoblastique

Les signes et symptômes de la LAL peuvent inclure les éléments suivants :

  • Infections fréquentes
  • De la fièvre
  • Ecchymoses apparaissant facilement
  • Saignements difficiles à arrêter
  • Toutes petites taches rouge foncé (pétéchies) dues à un saignement sous la peau
  • Douleurs dans les os ou les articulations
  • Masses dans le cou, sous le bras, au niveau de l'estomac ou de l'aine
  • Douleur ou sensation de lourdeur sous la cage thoracique
  • Sensation de grande fatigue ou de faiblesse
  • Pâleur
  • Une perte d'appétit
  • Essoufflement
La représentation de deux lames d'histologie côte à côte souligne la différence entre les cellules sanguines normales et les cellules sanguines lors du diagnostic de LAL.

Les enfants leucémiques présentent un nombre élevé de globules blancs dans le sang.

Le diagnostic de la leucémie aiguë lymphoblastique

Le diagnostic d'une leucémie nécessite habituellement des examens de la moelle osseuse. Un médecin peut commencer à soupçonner la présence d'une leucémie après avoir mené un examen physique, établi les antécédents médicaux et étudié les résultats d'examens sanguins. Les enfants leucémiques présentent un nombre élevé de globules blancs dans le sang.

  1. Dans un premier temps, un médecin mènera un examen physique et étudiera les antécédents médicaux du patient. Au cours cet examen, le médecin évaluera l'état de santé général et recherchera les signes de la maladie tels que la présence de masses ou toute autre manifestation inhabituelle. Il examinera avec soin les yeux, la bouche, la peau et les oreilles. Il peut également mener un examen du système nerveux. Le médecin procèdera aussi à la palpation de l'abdomen du patient pour détecter d'éventuels signes d'une augmentation de la taille de la rate ou du foie.  

    Lorsqu'il étudie les antécédents médicaux, le médecin recherche d'éventuelles maladies héréditaires qui pourraient contribuer au développement d'un cancer chez l'enfant. Cependant, des études ont montré que seulement 8 à 10 % des cancers de l'enfant sont héréditaires. En outre, le simple fait qu'une personne présente une maladie génétique ne signifie pas qu'elle développera automatiquement un cancer.

    Facteurs de risque possibles : 

    • exposition à des rayons X avant la naissance
    • antécédent de chimiothérapie ou de radiothérapie.

    Présence de certaines maladies héréditaires :

    • Syndrome de Down
    • Syndrome de Bloom
    • Certaines formes d'anémie de Fanconi
    • Ataxie-télangiectasie
    • Syndrome de Li-Fraumeni
    • Syndrome de déficit constitutionnel de la réparation des mésappariements (mutations de certains gènes empêchant l'ADN de s'auto-réparer)
    • Anémie de Blackfan-Diamond
    • Syndrome de Shwachman-Diamond
    • Syndrome familial PAX5
    • Syndrome familial ETV6
    • Syndrome familial SH2B3
  2. Hémogramme complet

    Les médecins demanderont un examen sanguin nommé numération formule sanguine. On prélève du sang et on vérifie le nombre de globules rouges et de plaquettes, le nombre et le type de globules blancs, la quantité d'hémoglobine dans les globules rouges et la portion de l'échantillon constituée de globules rouges. Dans la leucémie, le sang peut contenir trop de globules blancs et un grand nombre de ces cellules peuvent être des blastes, forme précoce de cellule normalement présente uniquement dans la moelle osseuse chez les enfants en bonne santé.

    Études de chimie sanguine

    On mesure dans un échantillon de sang les quantités de certaines substances qui sont libérées dans le sang par les organes et les tissus du corps. Une quantité inhabituelle d'une substance donnée (supérieure ou inférieure à la normale) peut être le signe d'une maladie.

    Un jeune patient est assis sur une table d'examen, ses parents à ses côtés, pendant qu'une infirmière lui fait une prise de sang.

    Un médecin peut commencer à soupçonner la présence d'une leucémie après avoir mené un examen physique, établi les antécédents médicaux et étudié les résultats d'examens sanguins.

  3. Les examens de la moelle osseuse, comme la ponction ou la biopsie de moelle osseuse, confirmeront un diagnostic de cancer et préciseront le type de cancer. Beaucoup d'enfants sont endormis (sous sédatif) pendant la procédure. S'ils ne sont pas endormis, on leur donne un médicament approprié contre la douleur.

    Ponction de moelle osseuse : les médecins prélèveront un échantillon de moelle osseuse en insérant une aiguille fine et creuse dans l'os de la hanche. Un pathologiste examinera l'échantillon au microscope pour rechercher des signes de cancer.

    Image de moelle osseuse normale examinée au microscope

    Cette image montre une moelle osseuse saine et normale.

    Image de la moelle osseuse d'un patient atteint de leucémie aiguë lymphoblastique examinée au microscope

    Cette image montre la moelle osseuse d'un patient atteint de leucémie aiguë lymphoblastique, vue au microscope.

    Biopsie de moelle osseuse : les médecins prélèveront un petit morceau de tissu osseux pour déterminer la propagation du cancer dans la moelle osseuse. On réalise généralement la biopsie juste avant ou juste après la ponction.

    Comment se déroule la ponction/biopsie de moelle osseuse ?

    • Le patient est allongé sur le côté sur un lit ou, plus rarement, il est assis en tailleur. 
    • Un médecin ou une infirmière palpera le bas du dos du patient pour trouver le bon endroit pour réaliser l'examen. 
    • Ensuite, la personne qui réalisera le test enfilera des gants et nettoiera le dos du patient avec un savon antiseptique. Le professionnel de santé peut placer des serviettes en plastique sur le dos du patient en ne laissant qu'une petite zone de peau à découvert. 
    • Si le patient reste réveillé pendant la ponction ou la biopsie, on appliquera une crème anesthésiante à l'endroit où la ponction ou la biopsie va être réalisée, environ une heure avant la procédure. Un anesthésique liquide peut aussi être injecté à l'endroit du prélèvement. 
    • Le professionnel de santé insérera une aiguille dans la moelle osseuse, à travers la peau. Lorsqu'on réalise une ponction et une biopsie, on utilise une aiguille différente pour chaque prélèvement.
    • Le professionnel de santé retirera ensuite l'aiguille et nettoiera la zone avec de l'alcool, puis il appliquera un pansement.
    Enfant cancéreux positionné pour une biopsie de moelle osseuse ; les mains du médecin réalisant la procédure sont visibles.

    Le diagnostic d'une leucémie nécessite habituellement des examens de la moelle osseuse.

Si un cancer est diagnostiqué, des tests supplémentaires auront lieu pour déterminer le sous-type de cancer. Ces tests incluent les éléments suivants :

  1. On utilise l'immunophénotypage pour diagnostiquer les types spécifiques de leucémie en comparant les cellules cancéreuses aux cellules normales du système immunitaire.

    L'immunohistochimie et la cytométrie en flux sont des tests réalisés en laboratoire.

    • L'immunohistochimie est un test qui utilise des anticorps pour mettre en évidence des protéines spécifiques dans un échantillon de tissu. Les complexes protéines/anticorps sont colorés en marron ou en rouge et sont visibles au microscope.
    • Dans la cytométrie en flux, les cellules sont colorées avec un colorant sensible à la lumière et placées dans un liquide, puis on les fait passer dans un courant devant un laser ou un autre type de lumière. Le test mesure le nombre de cellules, le pourcentage de cellules vivantes et certaines caractéristiques des cellules, comme leur taille, leur forme et la présence de marqueurs de leucémie à leur surface.
  2. L'analyse cytogénétique nécessite des tests réalisés en laboratoire, pendant lesquels des anatomopathologistes recherchent certaines modifications des chromosomes.

    L'un de ces tests est appelé hybridation in situ en fluorescence (FISH, fluorescence in situ hybridization). Ce test examine les gènes ou les chromosomes dans les cellules et les tissus. On fabrique en laboratoire des segments d'ADN contenant un colorant fluorescent et on les ajoute aux cellules ou aux tissus sur une lame en verre. Lorsque ces segments d'ADN se fixent à certains gènes ou à certaines régions des chromosomes sur la lame, ils deviennent lumineux.

  3. Le médecin pourra recommander de réaliser des tests en laboratoire pour identifier des gènes, des protéines et d'autres facteurs spécifiques intervenant dans la leucémie. Cet examen est important parce que le cancer est dû à des erreurs (mutations) dans les gènes des cellules. L'identification de ces erreurs facilite le diagnostic du sous-type spécifique de leucémie. Les médecins peuvent s'appuyer sur cette information pour choisir les options de traitement adaptées à chaque cas individuel. Les enfants leucémiques qui ont des mutations associées à de bons résultats pourront recevoir des traitements moins toxiques. Inversement, les médecins pourront prescrire des traitements plus intensifs aux patients dont la leucémie présente des mutations associées à de moins bons résultats. Il existe, pour certaines mutations identifiées, un traitement spécifiquement ciblé. 

Les tests qui permettent de déterminer si le cancer s'est disséminé incluent les éléments suivants :

  1. On réalise une ponction lombaire pour prélever un échantillon de liquide céphalorachidien présent dans la colonne vertébrale afin de déterminer si le cancer s'est propagé au système nerveux central. On nomme aussi PL cette procédure. 

    On insère une aiguille entre deux os de la colonne vertébrale, jusqu'au liquide qui entoure la moelle épinière. On prélève ensuite un échantillon du liquide. L'échantillon est examiné au microscope pour identifier d'éventuels signes que les cellules leucémiques ont atteint le cerveau et la moelle épinière. Le corps fabrique du liquide céphalorachidien en permanence ; la petite quantité prélevée est donc rapidement renouvelée. 

  2. Les rayons X sont un type de faisceau d'énergie capable de traverser le corps pour atteindre une pellicule, ce qui permet de créer une image de l'intérieur du corps sur un écran d'ordinateur ou une pellicule spéciale. La radiographie permet de voir si les cellules leucémiques ont formé une masse au milieu de la poitrine. 

Le traitement de la leucémie aiguë lymphoblastique

La chimiothérapie est le principal traitement pour la LAL de l'enfant. Le traitement peut aussi inclure un traitement ciblé, un traitement par cellules hématopoïétiques (également appelé greffe de moelle osseuse ou greffe de cellules souches), une immunothérapie et une radiothérapie.

Grâce aux progrès récemment réalisés dans le traitement de la LAL, de nombreuses options thérapeutiques différentes sont actuellement disponibles. Les médecins sont de plus en plus en mesure de personnaliser les traitements pour chaque patient en fonction du groupe de risque.

Groupe de risque

Le groupe de risque fait référence à la probabilité que le cancer du patient ne réponde pas au traitement (réfractaire) ou qu'il revienne après une réponse initiale au traitement (récidive) Les patients des groupes à risque réduit reçoivent généralement des traitements moins intensifs capables de traiter le cancer. Les patients des groupes de risque plus élevé reçoivent habituellement des traitements plus agressifs.

Les groupes de risque sont déterminés en fonction des éléments suivants :

  • Âge de l'enfant. Les enfants de 1 à 9 ans souffrant d'une LAL à cellules B sont considérés comme étant à plus faible risque. Les enfants de moins de 1 an et de 10 ans ou plus sont considérés comme étant des patients à plus haut risque.
  • Nombre de globules blancs dans le sang au moment du diagnostic. Les enfants qui ont plus de 50 000 globules blancs par millimètre cube sont considérés comme étant à plus haut risque.
  • Origine du cancer : lymphocytes B ou lymphocytes T. La LAL à cellules T est considérée comme étant à plus haut risque.
  • Présence ou absence de modifications chromosomiques ou génétiques. Les cas de LAL positives pour le gène de fusion ETV6-RUNX1 sont considérés à plus faible risque. La LAL positive pour le chromosome Philadelphie ou présentant une translocation des chromosomes 1 et 19 ou impliquant le chromosome 11 est considérée comme étant à plus haut risque, mais les traitements récents ont permis une amélioration des résultats.
  • Nombre de chromosomes. Les cas avec hyperdiploïdie (plus de 50 chromosomes) sont considérés à plus faible risque et les cas avec hypodiploïdie (enfants avec moins de 44 chromosomes) sont considérés à plus haut risque.
  • Rapidité de la diminution du nombre de cellules leucémiques après le traitement initial. Lorsque le nombre de cellules leucémiques diminue fortement pendant les premières semaines de traitement, le risque est jugé plus faible. Beaucoup de centres de traitement des cancers pédiatriques utilisent des tests extrêmement sensibles pour mesurer la maladie résiduelle minimale (MRD).

Le terme maladie résiduelle minimale (MRD) est utilisé lorsqu'il y a si peu de cellules leucémiques présentes dans la moelle osseuse qu'elles ne peuvent pas être identifiées au microscope. Des tests extrêmement sensibles, comme la cytométrie en flux, la réaction de polymérase en chaîne (PCR) et le séquençage de nouvelle génération permettent de détecter 1 cellule leucémique sur 10 000 à 100 000 cellules normales dans la moelle osseuse. Les enfants avec MRD positive (plus de 1 cellule sur 10 000 après la première phase du traitement de la LAL [traitement d'induction]) sont ceux qui ont le risque le plus élevé de récidive.

  • Présence ou non de cellules leucémiques dans le liquide céphalorachidien lors du diagnostic. Si les cellules se sont disséminées, le patient est considéré comme étant à plus haut risque.

Les trois phases du traitement

Le traitement de la LAL comprend 3 phases et se termine après environ 2 à 3 ans. La chimiothérapie est le principal traitement de la LAL. La chimiothérapie utilise des médicaments puissants pour arrêter la croissance des cellules cancéreuses, soit en tuant les cellules, soit en les empêchant de se diviser. Les enfants recevront généralement une association de différents médicaments. Ces médicaments peuvent être injectés dans la circulation sanguine (voie intra-veineuse), donnés par voie orale (avalés) ou injectés directement dans le liquide céphalorachidien (voie intrathécale).

La méthode de chimiothérapie utilisée et les types de médicaments choisis dépendent du groupe de risque de l'enfant. Les enfants qui souffrent d'une leucémie à plus haut risque reçoivent généralement un plus grand nombre de médicaments anticancéreux et/ou à des doses plus élevées que les enfants qui souffrent d'une LAL à plus faible risque.

1. Induction

L'objectif du traitement d'induction est de détruire les cellules leucémiques dans le sang et la moelle osseuse et de faire entrer le patient en rémission. Cette phase dure habituellement 4 à 6 semaines. Un traitement prophylactique du système nerveux central (SNC) (également appelé prophylaxie du SNC) peut aussi être administré pendant cette phase afin de tuer les cellules leucémiques restantes dans le liquide céphalorachidien. Les médicaments sont injectés dans l'espace rempli de liquide situé entre les fines couches de tissu revêtant la moelle épinière (injection intrathécale).

Le traitement inclura une association de plusieurs médicaments de chimiothérapie. Ces médicaments peuvent inclure la vincristine, des corticostéroïdes et la pégaspargase ou l'asparaginase d'Erwinia, parfois avec une anthracycline comme la doxorubicine ou la daunorubicine. Dans certains protocoles, on administre un traitement par cyclophosphamide, cytarabine et 6-mercaptopurine pendant le traitement d'induction.

2. Consolidation/intensification

L'objectif du traitement de consolidation/d'intensification est de détruire toute cellule restante qui pourrait commencer à croître et provoquer la récidive de la leucémie. Cette phase dure habituellement 8 à 16 semaines.

Le patient reçoit différents médicaments, comme le cyclophosphamide, la cytarabine et/ou la 6-mercaptopurine (6-MP). On peut aussi administrer du méthotrexate, avec ou sans leucovorine, comme traitement de secours.

3. Entretien/continuation

L'objectif du traitement d'entretien, qui est la dernière phase et aussi la phase la plus longue, est d'éliminer toutes les cellules cancéreuses qui auraient pu survivre aux deux premières phases. Le traitement d'entretien peut durer 2 ou 3 ans.

Cette phase peut inclure le méthotrexate, la vincristine, des corticostéroïdes et la 6-mercaptopurine (6-MP). On peut administrer aux patients à plus haut risque des anthracyclines, du cyclophosphamide et de la cytarabine.

Autres traitements

Greffe de cellules hématopoïétiques (également appelée greffe de moelle osseuse ou greffe de cellules souches)

Une greffe de cellules hématopoïétiques (également appelée greffe de moelle osseuse ou greffe de cellules souches) peut être recommandée pour les enfants à risque élevé de récidive ou dont la LAL est résistante au traitement. Parfois, les médecins évaluent l'efficacité de la chimiothérapie d'induction pour décider si une greffe est nécessaire.

Les patients atteints d'une LAL réfractaire (qui ne répond pas au traitement) ou en récidive (qui a réapparu) peuvent être candidats à une greffe si elle est envisageable sur le plan médical ou s'il existe un donneur adéquat.

Traitement ciblé

Le traitement ciblé utilise des médicaments qui recherchent et attaquent les cellules cancéreuses sans endommager les cellules normales voisines. Ce type de traitement n'est possible que si le cancer est associé à des marqueurs identifiables qui répondent aux médicaments ciblés disponibles.

Immunothérapie

L'immunothérapie est un type de traitement qui utilise le système immunitaire pour lutter contre le cancer. De manière générale, les immunothérapies fonctionnent en aidant le système immunitaire à repérer les cellules cancéreuses pour qu'il puisse les attaquer, et/ou à augmenter la capacité du système immunitaire à répondre au cancer.

Les inhibiteurs de tyrosine kinase (TKI) constituent une classe de médicaments utilisés dans le traitement ciblé. Les TKI inhibent l'enzyme tyrosine kinase, qui parfois est trop active, ou présente à des taux élevés, dans certaines cellules cancéreuses. Les médicaments imatinib mésylate et dasatinib sont des TKI que l'on utilise pour traiter les enfants atteints d'une LAL positive pour le chromosome Philadelphie. D'autres TKI sont à l'étude, notamment le ruxolitinib, pour la LAL à haut risque nouvellement diagnostiquée.

Un autre type de traitement ciblé est le traitement par anticorps monoclonaux. Ce traitement utilise des anticorps fabriqués en laboratoire pour identifier des substances présentes sur les cellules cancéreuses ou des substances normales susceptibles de favoriser la croissance des cellules cancéreuses. Ces anticorps se fixent aux substances promotrices du cancer et tuent les cellules cancéreuses, inhibent leur croissance ou empêchent leur dissémination. Ils peuvent être utilisés seuls ou pour transporter des médicaments, des toxines ou des substances radio-actives directement jusqu'aux cellules cancéreuses. Le blinatumomab et l'inotuzumab sont deux anticorps monoclonaux en cours d'étude pour le traitement de la LAL de l'enfant résistante au traitement (réfractaire). Les anticorps peuvent aussi être exprimés sur les cellules immunitaires, comme les lymphocytes T, et pousser les cellules immunitaires à attaquer directement les cellules leucémiques. On appelle ces lymphocytes T des CAR T-cells (chimeric antigenic receptor, récepteur chimérique d'antigène).

L'ajout d'un traitement ciblé par des médicaments comme le bortézomib et le vorinostat aux traitements standard de la LAL est en cours d'étude chez des nourrissons souffrant de LAL, cette maladie étant généralement plus difficile à traiter. Ces médicaments peuvent être utilisés lorsque les patients ne répondent pas bien au traitement.

Le pronostic (perspectives du traitement) de la leucémie aiguë lymphoblastique

Environ 98 % des enfants atteints d'une LAL entrent en rémission quelques semaines après le début du traitement.

Plus de 90 % des enfants atteints d'une LAL peuvent être guéris. Les patients sont considérés comme guéris après environ 5 ans de rémission.

Les taux de survie des patients atteints de LAL, pour les groupes à faible risque, peuvent être supérieurs à 95 %.

Pour les patients dont la LAL ne répond pas au traitement (réfractaire) ou réapparaît après traitement (récidive), l'équipe médicale étudiera les options de traitement.

Les effets tardifs du traitement de la leucémie aiguë lymphoblastique

Un effet tardif est un problème de santé qui apparaît plusieurs mois ou plusieurs années après le diagnostic d'une maladie ou après la fin du traitement. Les effets tardifs peuvent être dus au cancer ou au traitement du cancer. Ils peuvent inclure des troubles physiques, mentaux et sociaux, et des cancers secondaires.

Les effets tardifs peuvent inclure les éléments suivants :

  • Récidive de la LAL
  • Cancers secondaires, p. ex., de la peau, du cerveau, des os, du sein, des tissus mous et de la thyroïde. Suite à l'abandon de l'irradiation crânienne comme traitement standard de la LAL, le nombre de cancers secondaires devrait diminuer dans les années à venir
  • Atteintes cardiaques et pulmonaires
  • Atteintes osseuses
  • Maladies endocriniennes
  • Troubles gastro-intestinaux
  • Problèmes d'agilité mentale, de raisonnement, de planification et d'organisation
  • Dépression
  • Des troubles du sommeil

Priorités actuelles de la recherche sur la leucémie aiguë lymphoblastique

Les recherches sont actuellement centrées sur le développement de traitements plus efficaces pour les enfants dont le cancer ne répond pas au traitement original et sur le développement d'un plus grand nombre de traitements ciblant les cellules cancéreuses sans s'attaquer aux cellules normales voisines. Les chercheurs s'intéressent aussi au développement de traitements qui ont moins d'effets tardifs sur les patients survivants. Les études portant sur les effets tardifs observés chez les survivants à long terme, qui sont de plus en plus nombreux, pourront aider à résoudre ce problème.


Révision : juin 2018