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Effets cognitifs tardifs

Certains traitements des cancers pédiatriques augmentent les risques de problèmes de la fonction cognitive à long terme. Ces problèmes sont connus sous le nom d'effets cognitifs tardifs. Ces problèmes peuvent apparaître des mois, voire des années, après le traitement et peuvent évoluer avec le temps.

Les enfants traités pour des tumeurs cérébrales ou une leucémie aiguë lymphoblastique (LAL) sont plus susceptibles d'être concernés en raison des traitements utilisés pour traiter ces cancers. Toutefois, des problèmes cognitifs ont également été identifiés chez les survivants à d'autres cancers.

Un survivant d'un cancer pédiatrique effectue un bilan neuropsychologique auprès d'un psychologue. Il se penche sur la table pour essayer d'équilibrer une cale en bois sur un goujon.

Un survivant d'un cancer pédiatrique effectue un bilan neuropsychologique auprès d'un psychologue.

Les troubles cognitifs peuvent avoir un impact significatif sur la qualité de vie. Les enfants ayant des effets cognitifs tardifs sont plus susceptibles de rencontrer des difficultés à l'école et leurs résultats scolaires sont moins bons. Ils sont également plus susceptibles de rencontrer des difficultés sur le marché du travail, dans leur vie en autonomie et dans leurs relations sociales.

La compréhension des risques éventuels liés à la fonction cognitive peut aider les familles à planifier des évaluations régulières afin de détecter les problèmes, de développer un plan de résolution des problèmes survenus et de mieux soutenir les patients lorsqu'ils font des choix de vie.

Signes de problèmes cognitifs chez l'enfant

  • Problèmes d'organisation du travail
  • Difficultés à effectuer les tâches
  • Difficulté à rester concentré
  • Manque de concentration à long terme
  • Problèmes de mémoire
  • Frustration liée à l'école
  • Difficulté à planifier et à mener à bien les projets
  • Comportement impulsif
  • N'a pas de bons résultats à l'école, notamment par rapport aux performances passées
  • Apprentissage plus lent que ses pairs
  • Perte d'intérêt pour l'école ou les activités nécessitant un effort mental ou une attention particulière
  • Augmentation de l'anxiété liée à l'école
  • Retard dans les étapes clés du développement impliquant des compétences cognitives telles que le respect d'un programme, la réalisation d'un travail scolaire de manière autonome et le suivi d'une série de consignes

Facteurs de risque pour les effets cognitifs tardifs

Parmi les facteurs de risque pour les effets cognitifs tardifs, citons :

  • La radiothérapie de la tête, du cou, du haut de la colonne vertébrale ou totale, en particulier à un jeune âge
  • Certains médicaments de chimiothérapie, notamment le méthotrexate à forte dose par voie intraveineuse (IV), la cytarabine et/ou les traitements intrathécaux
  • La neurochirurgie et des facteurs connexes, y compris l'étendue de la chirurgie et les régions cérébrales affectées
  • L'utilisation de corticostéroïdes

Parmi d'autres facteurs augmentant le risque, nous pouvons également citer le jeune âge du patient lors du traitement, l'intensité (dose et durée) du traitement et les complications médicales telles qu'un AVC, une hydrocéphalie, une infection ou des convulsions. Les femmes traitées par radiothérapie crânienne présentent un risque plus élevé d'effets cognitifs tardifs que les hommes. Les survivants qui développent des maladies chroniques, notamment des maladies cardiaques, pulmonaires ou endocriniennes, présentent également un risque plus élevé de développer des problèmes cognitifs.

Modifications cérébrales dues aux traitements

On pense que les troubles cognitifs liés aux traitements anticancéreux apparaissent suite à une modification de la substance blanche du cerveau. La substance blanche est composée de myéline qui agit comme une sorte d'isolant pour les fibres nerveuses et permet la transmission rapide des signaux entre les neurones. La myélinisation et le développement de la substance blanche se poursuivent au début de l'âge adulte.

Au fil du temps, on observe également des modifications de la substance grise du cerveau. La substance grise se compose de neurones (cellules nerveuses) responsables du traitement des informations et de la communication dans le cerveau.

Les neurones (cellules nerveuses) sont responsables de la communication entre le cerveau et le corps.

Les neurones (cellules nerveuses) sont responsables de la communication entre le cerveau et le corps.

La maturation de la substance blanche et de la substance grise cérébrales correspond à une augmentation des fonctions cognitives, notamment l'attention, le raisonnement et la résolution des problèmes.

Certains traitements de chimiothérapie et de radiothérapie crânienne peuvent interférer avec le développement de la substance blanche dans le lobe frontal du cerveau. Cela peut entraîner des troubles cognitifs qui se remarquent davantage au fil du temps. Le traitement peut également avoir un impact sur la substance grise dans certaines régions cérébrales, telles que l'hippocampe, une structure impliquée dans la formation des souvenirs particulièrement sensible à la radiothérapie crânienne.

Les traitements peuvent également endommager le cerveau en provoquant une inflammation et en endommageant des cellules et des vaisseaux sanguins. Les lésions des vaisseaux sanguins dans le cerveau peuvent entraîner de nombreux effets, notamment des saignements et des AVC. Les AVC peuvent être graves avec des changements visibles soudains ou petits avec des changements subtils qui s'accumulent au fil du temps. Ces effets peuvent se produire plusieurs mois, voire plusieurs années, après le traitement.

D'autres facteurs liés aux traitements peuvent avoir un impact indirect sur la fonction cognitive. Il s'agit notamment de problèmes d'audition et/ou de vision, d'absence scolaire et de problèmes émotionnels ou sociaux.

Les neurones communiquent par des impulsions nerveuses ou des signaux électriques qui passent d'un neurone à l'autre.

Les neurones communiquent par des impulsions nerveuses ou des signaux électriques qui passent d'un neurone à l'autre.

Évaluation de la fonction cognitive

La spécialité médicale qui se concentre sur l'apprentissage, le comportement et le développement cérébral est appelée neuropsychologie. Une évaluation neuropsychologique mesure différents aspects de la fonction, notamment :

  • Les capacités et compétences telles que la lecture et les mathématiques
  • L'attention et la concentration
  • L'apprentissage et la mémoire
  • L'organisation, la planification et la résolution des problèmes
  • La langue
  • Les compétences visuelles et spatiales
  • La coordination motrice
  • La fonction comportementale, émotionnelle et sociale

Les mesures de l'intelligence et des résultats scolaires globaux sont également importantes pour l'évaluation cognitive. Les observations des parents et des enseignants sont également utilisées pour évaluer les forces et les faiblesses d'un enfant dans les processus cognitifs, les émotions, les compétences sociales et le comportement.

Apparition de problèmes cognitifs

Les difficultés cognitives liées aux cancers pédiatriques et à leurs traitements peuvent entraîner :

  • La perte de fonctions par rapport aux aptitudes antérieures ou
  • Une fonction plus faible que ce qui serait considéré comme normal pour l'âge et le développement.

Pour la plupart des survivants d'un cancer pédiatrique, les problèmes cognitifs ne sont pas dus à une perte de compétences. Les problèmes sont plus souvent dus à un rythme d'apprentissage plus lent. Les enfants apprennent et développent toujours de nouvelles compétences, mais pas aussi vite que leurs pairs.

Les effets cognitifs tardifs chez les survivants d'un cancer pédiatrique sont souvent liés à des problèmes de fonction exécutive. Il s'agit notamment de la mémoire de travail, de la pensée flexible et de la maîtrise de soi. Ces compétences permettent à une personne de planifier, d'organiser et de résoudre des problèmes. Les déficits sont souvent observés en termes d'attention, de vitesse de traitement, et de capacité à organiser et exécuter des tâches.

Les problèmes peuvent devenir plus perceptibles pendant les périodes clés de transition académique. Au fur et à mesure que l'enfant mûrit, les parents et les enseignants attendent une plus grande indépendance dans l'organisation et l'apprentissage appliqué. Pour les enfants atteints de troubles cognitifs, les exigences croissantes deviennent plus difficiles à gérer. Les compétences et les capacités ne suivent pas les attentes et les pairs progressent plus rapidement.

Les troubles cognitifs ont souvent un impact sur le potentiel éducatif et professionnel. Ces difficultés peuvent également avoir un effet négatif sur le fonctionnement social et émotionnel, ainsi que sur la qualité de vie globale.

Une intervention précoce et un suivi continu peuvent aider les survivants à gérer les effets cognitifs tardifs.

Deux patients adolescents atteints d'un cancer partagent une partie de billard.

La recherche d'opportunités pour les activités sociales et le développement de relations étroites peuvent contribuer à protéger la fonction cognitive tout au long de la vie.

Comment gérer les effets cognitifs tardifs ?

Les traitements anticancéreux provoquent souvent des lésions des structures cérébrales qui peuvent ou non être permanentes et qui peuvent provoquer une série d'effets, de très faibles à graves. Il est important de comprendre les limites individuelles afin de fournir les interventions et les ressources appropriées pour répondre aux besoins des patients. L'adoption d'un mode de vie sain peut également contribuer à améliorer et à protéger la santé cognitive.

  1. Certains patients bénéficient d'un traitement médicamenteux, en particulier pour favoriser leur concentration et leur attention. Il s'agit par exemple de médicaments stimulants utilisés pour traiter le trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH). Les médicaments étudiés pour la fonction cognitive chez les survivants d'un cancer incluent le méthylphénidate, le donépézil et le modafinil. Les familles peuvent être assistées par un pédiatre ou un médecin généraliste pour gérer les médicaments et surveiller les effets secondaires éventuels.

  2. Les interventions délivrées par des thérapeutes peuvent aider les survivants à développer des stratégies pour remédier à leurs faiblesses. Des exemples de stratégies peuvent consister à décomposer les problèmes en tâches plus petites ou à utiliser des stratégies d'association pour la mémoire. Les thérapeutes peuvent également aider les patients à utiliser leurs points forts pour faire face à toutes les limitations. Un psychologue formé à la rééducation cognitive peut identifier et répondre à des besoins spécifiques pour une approche personnalisée des soins. Les spécialistes de l'apprentissage et les programmes scolaires peuvent offrir une assistance et un hébergement dans les établissements scolaires.

    Soutien scolaire

  3. Les tâches et activités qui sont difficiles mentalement peuvent améliorer la fonction cognitive. Des « jeux cérébraux » informatisés sont disponibles, allant des programmes informatiques prescrits par un psychologue aux applications de jeu gratuites. Apprendre de nouvelles compétences, faire des puzzles et jouer à des jeux qui impliquent la mémoire ou la logique peut améliorer la santé cérébrale. L'une des clés est de trouver quelque chose qui se complexifie pour que les tâches deviennent plus difficiles à mesure que les compétences sont maîtrisées.

  4. Les recherches suggèrent que les environnements sociaux enrichis peuvent améliorer la santé mentale et cognitive. Les interactions sociales peuvent modifier la chimie cérébrale et améliorer la croissance des cellules nerveuses. Pour les personnes atteintes de troubles cognitifs, l'engagement social peut être plus difficile. Les interventions qui ciblent les compétences sociales et communicatives peuvent être importantes pour les survivants d'un cancer, en particulier pour les enfants qui ont subi de longues périodes d'isolement en raison d'un traitement ou d'une maladie. La recherche d'opportunités pour les activités sociales et le développement de relations étroites peuvent contribuer à protéger la fonction cognitive tout au long de la vie.

  5. Il a été démontré que l'exercice physique améliorait la santé cérébrale et la fonction cognitive. L'activité favorise la croissance des cellules cérébrales dans des parties du cerveau associées à l'apprentissage et à la mémoire. L'exercice physique peut aider les survivants à gérer le stress, l'anxiété et la dépression. L'activité physique améliore également la santé générale et la forme physique. Tous ces avantages sont importants pour les survivants d'un cancer.

    Activité physique

  6. De bonnes habitudes de sommeil sont importantes pour une fonction cognitive optimale. Un sommeil de mauvaise qualité et la fatigue contribueraient à détériorer la fonction cognitive chez les survivants d'un cancer. Un sommeil inadapté peut également entraîner des effets négatifs sur la santé cardiaque et l'immunité. Certains survivants d'un cancer pédiatrique peuvent développer des troubles du sommeil tels que l'apnée du sommeil. Il est important de signaler à un médecin généraliste les symptômes tels que la fatigue excessive, les ronflements bruyants, l'insomnie ou le sommeil agité.

    Découvrez comment améliorer votre sommeil :

Faire des choix alimentaires sains, réduire le stress et prendre en charge des pathologies telles que l'obésité, le diabète et les maladies cardiaques sont également importants pour la santé cérébrale et la fonction cognitive. Les cardiopathies et les problèmes pulmonaires qui peuvent survenir lorsque les effets tardifs des traitements anticancéreux peuvent contribuer à une altération de la fonction cognitive. Par conséquent, une approche continue de la santé, y compris la santé cérébrale, est importante pour tous les survivants d'un cancer.

Prendre le contrôle de la santé cognitive

Les patients et les familles peuvent prendre des mesures pour promouvoir la santé cognitive pendant la survie.

  • Ayez connaissance de votre risque. Parlez à votre médecin du risque d'effets cognitifs tardifs liés à vos traitements.
  • Observez les signes de difficultés cognitives. Les problèmes cognitifs pouvant se développer longtemps après l'arrêt du traitement, il est important de rester attentif aux signes des effets cognitifs tardifs.
  • Effectuez régulièrement des évaluations. Les évaluations neuropsychologiques périodiques peuvent aider à détecter les problèmes rapidement, en évitant la frustration et en permettant une intervention rapide.
  • Demandez de l'aide. Les psychologues et les spécialistes de l'éducation peuvent proposer des stratégies d'adaptation pour gérer les effets cognitifs tardifs. La formation aux compétences professionnelles et personnelles peut également être bénéfique, en particulier pour les adolescents et les jeunes adultes sur le point de prendre leur indépendance. Les thérapies de couple et familiales peuvent aider les survivants et leurs familles à comprendre et gérer les effets des troubles cognitifs sur les relations.
  • Adoptez un mode de vie sain. De nombreuses habitudes saines favorables à la santé physique sont bonnes pour la santé cognitive. Soyez actif, dormez suffisamment, restez connecté, contrôlez le stress et mangez sainement pour un bien-être physique et mental optimal.


Révision : juin 2018