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Conseils d’adolescents et de jeunes adultes pour écrire au sujet du cancer

La Dre Trisha Paul et un patient adolescent

La Dre Trisha K. Paul, MD, MFA (Master of Fine Arts), est médecin et écrivaine. Ses recherches à St. Jude se concentrent sur l'étude de l'impact de la médecine narrative, en particulier l'écriture et la narration, sur les patients atteints de cancer de l’enfant, leurs familles et les cliniciens.

Avez-vous déjà envisagé d’écrire sur votre expérience du cancer  ? 

Les jeunes ont souvent envie de raconter leur histoire. Beaucoup d’entre eux espèrent que partager leur expérience pourra aider d’autres adolescents et jeunes adultes atteints de cancer. Certains souhaitent partager ce qu’ils traversent afin que d’autres puissent mieux comprendre ce que cela représente. Mais la plupart des adolescents et des jeunes adultes ne savent pas vraiment comment écrire au sujet du cancer. 

Si certains adolescents et jeunes adultes apprécient l’écriture réflexive, beaucoup écrivent surtout par textos ou via des publications sur les réseaux sociaux. Écrire, c’est simplement mettre des mots sur une page, et il n’existe ni une bonne ni une mauvaise manière de le faire. 

Parfois, l’idée d’écrire peut sembler difficile, surtout lorsqu’il s’agit du cancer. On peut ne pas savoir par où commencer ni comment raconter son histoire.  

Nous avons demandé aux jeunes ayant participé au projet d’écriture Chronicling Cancer (ChronCan) quels conseils ils donneraient à d’autres adolescents et jeunes adultes atteints de cancer qui envisagent d’écrire.

Tous les auteurs que nous avons interrogés ont insisté sur l’importance d’encourager les adolescents et les jeunes adultes atteints de cancer à s’exprimer par l’écriture. Comme l’a dit un adolescent : « Écrire te pousse à ralentir pour réfléchir à ce qui se passe réellement dans ton esprit. C’est l’une des meilleures choses que tu puisses faire pour toi-même. » 

Voici cinq conseils que ces adolescents et jeunes adultes ont voulu transmettre à d’autres jeunes au sujet de l’écriture. 

1. Soyez honnête

Les adolescents et les jeunes adultes ont encouragé d’autres jeunes à être sincères dans leurs pensées et leurs expériences personnelles lorsqu’ils écrivent. Un auteur a conseillé aux adolescents et aux jeunes adultes de « ne pas édulcorer les choses », parce que « être honnête aide les gens à mieux s’identifier à vous. » Plusieurs personnes estimaient que l’honnêteté aide les lecteurs à mieux comprendre ce que les adolescents et les jeunes adultes ont traversé.

« Le cancer, ce n’est pas joli. Je pense que c’est mieux, et je pense que c’est plus utile, d’être honnête. »

Beaucoup d’adolescents et de jeunes adultes ont expliqué que le fait d’écrire honnêtement sur leur cancer leur avait permis de grandir personnellement. Un des jeunes auteurs expliquait « que l’on devient plus fort quand on est transparent et qu’on dit à quelqu’un que ça fait mal, pour qu’il puisse aider. »

2. Prenez votre temps

Les adolescents et les jeunes adultes encourageaient les autres à faire preuve de patience dans le processus d’écriture et à prendre leur temps pour réfléchir à ce qu’ils voulaient écrire. Un jeune adulte affirmait : « Ne répondez pas trop vite à une question, parce qu’il faut vraiment prendre le temps d’y réfléchir. » Les adolescents et les jeunes adultes invitaient les autres à ne pas se précipiter dans le processus d’écriture.

Beaucoup d’émotions peuvent surgir pendant l’écriture. Les jeunes recommandaient aux auteurs d’être attentifs à leurs émotions : 

« S’ils sentent qu’ils ont besoin de faire une pause — si c’est trop éprouvant — alors qu’ils fassent une pause. »

3. Demandez d'autres avis

Plusieurs adolescents et jeunes adultes aimaient écrire avec leurs proches. Les membres de la famille aidaient les jeunes dans l’acte physique d’écrire, par exemple en tapant à leur place. 

Le fait d’écrire avec leurs parents ou leurs frères et sœurs aidait les adolescents et les jeunes adultes à se souvenir d’éléments de leurs expériences qu’ils avaient pu oublier. En écrivant avec leurs proches, les jeunes appréciaient la possibilité « d’obtenir d’autres avis et d’avoir en quelque sorte un espace d’échange pour tester leurs idées. »

Les adolescents et les jeunes adultes avaient aussi le sentiment que leurs proches les aidaient à rester motivés et à continuer. Les auteurs accordaient de la valeur au fait « d’avoir tout simplement à leurs côtés les personnes qui avaient été présentes tout au long de leur parcours » pour les soutenir durant le processus d’écriture. 

Certains jeunes ont préféré garder leurs écrits personnels pour eux, ce qui est tout à fait normal. Parfois, écrire seulement pour soi permet d’exprimer ses pensées sans se soucier de ce que quelqu’un d’autre pourrait en penser. L’écriture peut être une activité que l’on pratique seul, et rien ne vous oblige à la partager avec d’autres si vous n’en avez pas envie. 

D’autres fois, partager son écriture avec des personnes en qui l’on a confiance peut vraiment apporter quelque chose. Obtenir davantage d’avis peut aussi passer par des échanges avec d’autres sur leurs différentes façons d’écrire, par des idées pour réviser ton histoire ou encore par le partage d’astuces qui t’ont aidé dans ton propre processus d’écriture. 

4. Ne prenez pas cela trop au sérieux.

Les adolescents et les jeunes adultes recommandaient de ne pas stresser ni s’inquiéter pour l’écriture. Ils estimaient que les jeunes ne devraient pas se mettre trop de pression. 

Les adolescents et les jeunes adultes devraient savoir qu’ils peuvent choisir la manière dont ils veulent raconter leur propre histoire, et qu’ils ne sont pas obligés de répondre aux consignes d’écriture auxquelles ils n’ont pas envie de répondre. Il n’y a pas de « bonne » ou de « mauvaise » façon de raconter ton histoire.

Comme l’a dit quelqu’un : « Tu peux commencer là où tu veux. » Les adolescents et les jeunes adultes peuvent choisir différents moyens de raconter leur histoire, par exemple en parlant, et l’écriture n’est qu’une possibilité parmi d’autres : «  Tu n’as même pas vraiment besoin de commencer quelque part, tu peux simplement te laisser parler. » La saisie vocale, disponible sur un téléphone ou un ordinateur portable, utilise la reconnaissance vocale pour transformer ce que tu dis en texte écrit. 

Les auteurs ont voulu que les adolescents et les jeunes adultes se rappellent que l’expérience du cancer est unique pour chacun : 

« Il n’y a pas de mauvaises réponses. Aucun parcours ne se ressemble. »

5. « Laissez‑vous aller »

Le dernier conseil donné par les adolescents et les jeunes adultes est le suivant : « Laisse‑toi aller, sans te mettre de barrières. »

Les adolescents et les jeunes adultes de notre étude ont encouragé les jeunes atteints de cancer à mettre du cœur dans l’écriture. Ils reconnaissaient à quel point il peut être difficile d’avoir un cancer quand on est jeune, et c’est en partie pour cela que l’écriture peut aider. 

Les jeunes parlaient de l’écriture comme d’un outil essentiel pour quiconque de leur âge, et plus encore « pour les enfants qui risquent d’arriver là en étant fragilisés mentalement, émotionnellement ou physiquement. »

En même temps, les jeunes comprennent aussi à quel point vivre avec un cancer peut être compliqué. Comme l’a dit l’un des auteurs : « Avec un peu de chance, [l’écriture] aidera quelqu’un. » L’écriture peut être, pour certains, une manière libératrice et valorisante de s’exprimer, mais ce n’est pas forcément le cas pour tout le monde. 

Un adolescent a prononcé ces mots d’encouragement pour ceux qui envisagent d’écrire : 

« Écris ce qui te semble juste et écris‑le avec le cœur. »

Parlez‑nous de votre expérience d’écriture au sujet du cancer sur together@stjude.org. Quels conseils donneriez‑vous à d’autres adolescents et adultes atteints de cancer qui envisagent d’écrire  ?